J + 15 à J + 24 : ça va mieux

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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J + 15, je suis allé voir mon kiné. J’adore ce type. Si j’étais coureur cycliste, ce serait mon soigneur. Mon chirurgien ne m’avait pas prescrit de séances de kiné, donc j’ai payé de ma poche (16 €), mais ça en valait la peine.

Il m’a massé pendant une demi-heure et je vous jure, ça fait du bien. Puis je lui ai demandé de poser des électrodes sur les muscles de mes cuisses, histoire de les entretenir pour le vélo, vu que ça fait plus de deux semaines que je n’ai pas fait de sport.

On a discuté. Il a pratiqué un examen dans l’hôpital où j’ai été opéré. Lui aussi a trouvé le personnel très moyen (voir mes articles sur mon séjour à l’hosto : J + 0 et J + 1).

Il me trouve un peu tendu au niveau des muscles du cou et du dos. Au vu des circonstances, c’est normal. Il m’a conseillé de reprendre la marche, petit à petit, pour ne pas perdre la musculature de mes jambes.

Il a raison. Marcher m’a remis en forme. J’ai de la chance, en ce moment il fait très doux (nous sommes pourtant en décembre), avec du soleil. Je commence par des promenades de vingt minutes, puis très vite, je fais de grandes balades d’une heure. Je prends garde à bien me couvrir le cou et le visage (écharpe, bonnet, capuche mode Kenny).

Désormais, je marche donc, et les journées sont beaucoup moins longues.

J + 17, je revois mon orthodontiste.

Il me dit de ne plus porter la pièce en plastique à mordre (« plan de morsure »), car elle a tendance à m’empêcher de bien fermer les mâchoires. C’est vrai, quand je la retire, mes molaires et pré-molaires du haut et du bas ne se ferment pas. Tout de suite je suis content, car ces derniers jours, cette pièce ne me soulageait plus, elle me faisait uniquement mal aux dents.

A la place, l’ortho me demande porter des élastiques.

C’est là où j’ai eu mal. Et encore, quand je vous dis mal, c’est un euphémisme. Ces élastiques m’ont véritablement niqué à fond du ballon.

Je dois en porter sur les côtés (droite et gauche), puis devant, pour que les deux mâchoires se ferment correctement. Du côté droit, ça ne me fait pas mal. Mais à gauche, c’est immonde. L’élastique tire sur l’articulation, la douleur irradie jusqu’au centre de l’oreille. Le moindre mouvement, la moindre gorgée, sont intolérables. Quant à l’élastique que je porte sur les incisives (donc devant), c’est le contact des dents entre elles qui me fait mal, ça pousse et ça force.

plan élastiques

Je dois les porter 24 h / 24, et les retirer uniquement pour les repas.

J’arrive à dormir la première nuit en prenant un Dafalgan codéine. Heureusement, dès le lendemain, la douleur s’est atténuée. Au bout de deux ou trois jours, elle se sera transformée en simple gêne. En même temps, enfin les deux mâchoires se ferment correctement. Du moins, les dents se touchent. C’était le but.

Je dois les porter jusqu’à mon prochain rendez-vous avec l’ortho, à J + 31.

Ces élastiques sont assez contraignants. Les poser fut une éprouvante acrobatie, les premiers jours. Ensuite, on prend le coup de main. Mais avant chaque repas, il faut aller dans la salle de bains, les enlever, nettoyer les pinces en plastique qu’on m’a données pour ce faire… en vérité, ça ne prend que quelques minutes, mais c’est pénible.

Je dors bien avec.

En parlant de dormir : ça va mieux, ma lèvre ne me réveille plus. Je fais des nuits complètes.

Lors du rendez-vous de J + 17, mon ortho m’a dit que je pouvais commencer à mâchouiller des trucs mous. Il m’a d’ailleurs vivement conseillé de le faire.

J’essaie… Le matin, je trempe des biscuits dans mon thé pour les ramollir. J’ai l’impression d’avoir perdu du goût : peut-être parce que le palais est encore endormi ? En tout cas, ça n’a pas le goût d’autrefois…

Je reprends la mastication tout doucement. De la brioche trempée dans du thé. Puis du riz…

Par exemple, hier soir, je me suis fait du riz avec des sortes de rouleaux de printemps bien mous (achetés en magasin bio).

Le riz en sauce passe mieux. Ce midi (J + 24) j’ai mangé du riz avec des maquereaux sauce moutarde, le tout mélangé. Je croque – doucement – des chocolats de noël très mous (genre papillote) et essaie de les mâcher.

Je mâche aussi des bananes bien mûres (en les découpant auparavant bien sûr).

C’est cool de manger des trucs solides. Mais les mouvements de mâchoire restent très lents, comme ankylosés, ça fait un peu mal. Je mets une heure pour manger.

Le souci, c’est que pas mal de bouffe a tendance à se foutre dans mes bas-joues. Ouais, je sais, c’est pas le vrai terme, mais vous savez, ces espaces entre les molaires et les joues, sur les côtés. Marrant, car lorsqu’on m’avait posé mon appareil, au tout début, ça m’avait fait exactement la même chose.

En fait, je ne sais plus trop comment m’y prendre pour mâcher. Avant l’opération, ma mâchoire inférieure et mes dents se trouvaient un centimètre plus en arrière. Aujourd’hui, tout a changé. Je galère, je ne sais pas comment m’y prendre.

Comme ma lèvre inférieure est encore bien engourdie, ça ne doit pas aider.

Mais j’imagine que je n’aurais pas d’autre choix que de m’adapter, de m’habituer et tout rentrera dans l’ordre…

Enfin, pour vous dire que dans mon cas, la reprise en douceur de la mastication est loin de me faire retrouver les sensations d’avant.

Demeure néanmoins le soulagement de pouvoir varier les repas…

Niveau sensibilité, j’ai découvert du jour au lendemain que j’ai recouvré la moitié gauche de mon menton !

Le côté gauche, c’est justement le côté où je suis presque totalement dégonflé. A droite, j’ai un reste de joue de hamster, mais très léger.

Le brossage des dents s’est grandement amélioré. Je brosse partout, sans problème. Je passe la brossette interdentaire partout. Je ne sens plus du tout les points de suture. Au début, j’avais peur d’aller fouiller là-bas au fond. Mais quand j’ai été obligé de poser mes élastiques sur les dents bien à l’arrière, je me suis rendu compte que c’était faisable. Au fil des jours, ma bouche a retrouvé un peu d’élasticité, si je puis dire, et c’est de plus en plus facile.

L’ouverture de la bouche en elle-même reste modeste, je peux passer une fourchette mais avec peu de nourriture dessus.

Mon chirurgien m’avait permis de reprendre le vélo d’appartement à J + 21. J’ai un home-trainer. Je commence par de petites cessions espacées de deux ou trois jours, chacune de trente minutes environ.

Je pourrai reprendre les sorties vélo à J + 45 environ.

Parlons désormais de mon état de forme. Ca va beaucoup mieux. Ma fièvre est tombée entre J + 7 et J + 15. La marche et le sport m’ont permis de me sentir mieux moi-même (quoi, c’est pas français comme expression ? ). Je crois qu’à force de rester à ne rien faire, je m’amollissais. J’ai toujours tendance à traîner au lit le matin, mais je compte bien mettre fin à cette mauvais habitude avant de reprendre le boulot (j’ai presque 5 semaines d’arrêt).

J’étoffe mes séances de yoga quotidiennes. J’ai repris la salutation au soleil, en version lente. Il s’agit d’un enchaînement de postures, dont la vidéo vous donnera une bonne idée de comment je me sens. Je la fais à la même vitesse que la jeune femme, mais beaucoup moins joliment, forcément…

Mes mâchoires me semblent bien soudées, je n’ai plus du tout cette impression que tout tient par la simple présence des plaques.

Je dors la tête sur le côté depuis J + 20.

J’ai revu un collègue de travail. Il ne m’a trouvé ni gonflé ni changé. J’étais presque déçu. De profil, je me trouve beaucoup mieux qu’avant : forcément, tout est aligné désormais. Mon visage est plus harmonieux. Ma famille n’a pas décelé de grosses différences non plus.

Un peu frustrant, quand on voit par tout ce par quoi on est passé… hé hé !

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3 réflexions au sujet de « J + 15 à J + 24 : ça va mieux »

  1. Maryline

    Bonjour , je voudrais vous remercier pour votre blog, tout est tres bien explique , je dois subir cette intervention dans quelques mois et j’ai très peur justement du post op, il y a un moi j’ai subi une dijonction du palais , , qui consiste à séparer le palais en deux pour l’écarter progressivement, et je me retrouve un peu dans vos explications
    Plus de gènes que de douleurs , en tt cas Merci Merci Merci :), ca me rassure un peu mais je dois avouer que j’ai toujours tres peur du après …
    Maryline

    Répondre
    1. stonitruant Auteur de l’article

      Bonjour Maryline,
      Désolé pour le délai de ma réponse.
      Je suis content que mes écrits t’aient un peu aidée à mieux appréhender l’opération.
      Je suis pas mal convaincu que la disjonction est plus lourde que l’ostéotomie… Donc tu devrais pouvoir encore mieux gérer cette seconde opération !
      En tout cas, tu as un grand mérite et un grand courage de faire les deux opérations à la suite.
      D’ailleurs, je te décerne la médaille de l’orthodontie ! À côté de toi, avec mon ostéotomie isolée, je suis un petit joueur.
      Repasse nous donner de tes nouvelles après l’opération.

      Répondre
  2. Justine

    Bonsoir,
    Opérée il y a 17jours…18 depuis quelques minutes, tu me permets de voir la lumière…

    La fatigue, la gêne, la faim, les œdèmes qui persistent, la peur de ne plus ouvrir la bouche de toute ma vie et aussi le fait de ne pas sentir mon palais et d’entendre les internes et mon orthodontiste me répondre « ça va vite revenir commence à me ronger…

    Je pense aussi que si je n’avais pas un mini monstre de 10 mois à m’occuper je verrais peut-être cela plus sereinement…

    Je ne voulais rien lire sur cette opération, mais là, je dois dire que j’ai bien fait!

    justine

    Répondre

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