J + 3 à J + 6 : cloîtré à la maiz

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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Entre J + 3 et J + 6, mon chirurgien m’a interdit de sortir. Tant mieux. Il fait froid, gris. Mon taux d’énergie m’apparente volontiers à la limace, ou à n’importe quel gastéropode un tant soi peu évolué.

Une première chose à dire : si quelqu’un peut s’occuper de tout pour vous à la maison, tant mieux ! Ce fut mon cas. Ce soutien m’a été d’une grande aide. On faisait tout pour moi : le ménage, la cuisine, la vaisselle. Je n’étais pas forcément en état de m’y coller.

J’ai de la fièvre : un petit 38 ° C. Normal, quoique très fatiguant à la longue.

Le matin je ne suis pas trop mal. Passé midi, je fais une sieste. Puis tout le reste de la journée je demeure comateux, avant de connaître un regain d’énergie vers 20 heures.

Je reste de longs moments devant l’ordinateur, à regarder des conneries. Je n’ai pas assez d’énergie intellectuelle pour regarder des programmes trop évolués. Par exemple, je me suis endormi devant Le Mariage de Maria Braun, de Fassbinder (bon, à la fois, j’admets que ce n’était pas très palpitant non plus). J’enchaîne les épisodes des Simpsons.

Je suis gonflé genre tête d’ampoule. C’est immonde. Je n’ai aucun hématome. De petits bleus apparaîtront dans le cou à J + 9, mais ils ne dureront pas.

Je porte une sorte de poche en tissu avec des blocs que l’on met au congel. C’est mon chirurgien qui m’a fait acheter ça (25 €). C’est pas mal, ça soulage. Plus pratique que les machins qu’on nous collait à l’hosto, des sortes de gros sacs remplis de glaçons enfilés dans un collant qu’on te nouait autour de la tête. Là, le système poche, c’est mieux.

poches

En raison de l’opération, mes lèvres sont totalement meurtries, coupées, asséchées. Je ne m’en étais pas vraiment rendu compte à l’hôpital. Elles me blessent quand je mange. Le problème sera résolu en deux jours avec la Cold Cream d’Avene (en tube), qui m’est encore utile aujourd’hui à J + 23. Un achat indispensable à mon avis.

Je prends régulièrement du paracétamol, moins par besoin que par précaution. Le paracétamol codéine m’est très utile le soir, avant de me coucher : avec ça je m’endors comme un bébé. Marrant, car le même jour sur un blog du journal Le Monde paraissait un article sur l’usage détourné que l’on pouvait faire de ce médoc… J’ai aussitôt essayé. Nan, je déconne. Je n’ai pas trouvé le Dafalgan codéine si puissant que ça. Disons qu’il m’aidait à m’endormir. Mais je n’étais pas défoncé le lendemain, par exemple.

Ma nouvelle grande amie, j’ai nommé ma lèvre inférieure, continue de me causer bien des tracas. Elle est gonflée à bloc, complètement insensible. Quand je bois  ou que je mange, je dois la tenir avec ma main gauche, histoire que ça ne dégouline pas de partout.

La nuit, elle me réveille vers 3 heures du matin, tant elle s’est asséchée. Je ne peux pas vraiment l’humidifier avec ma langue, vous comprenez. La nuit, je dois porter le machin en plastoc à mordre avec des élastiques. Du coup, je la tamponne avec un mouchoir humide et j’applique de la Cold Cream dessus.

Concernant cette pièce en plastique à mordre, justement. Eh bien, je suis bien content de la porter. Je dois le faire toute la nuit, pendant deux heures le matin et deux heures l’après-midi. J’ai tendance à la porter plus longtemps encore – en fait, à ne l’enlever que pour les repas. Je ne sais plus où placer mes dents, cette bouche est toute nouvelle pour moi. Avec ce truc, je sais où mettre mes dents, ça me repose et ça me soulage.

Niveau alimentation… Ha ha ha… Wallah, je vous jure, c’est ça le pire.

Quoique, les premiers jours, on est juste content de pouvoir manger. Je me suis acheté des boissons protéinées en pharmacie, pour garder des apports en vitamines conséquents. Ca coûte bonbon (environ 10 € les 4), mais vous pouvez demander à votre chirurgien de vous les prescrire : elles vous seront remboursées. Chacune de ces boissons fait 300 calories (soit un petit repas). J’en buvais une le matin au petit dej et une le soir en dessert. Ce n’est pas si dégueu, elles ont des goûts (chocolat et vanille dans mon cas), ça passe bien.

Voici en gros mes repas durant cette période :

Matin : boisson chocolat protéinée + banane mixée avec une gaufre au miel (marque Bjorg) + yaourt

Midi : soupe avec du pain effrité dedans / ou porridge + danette

Goûter : glace

Soir : soupe avec du pain ou des flocons d’avoine dedans + compote + yaourt + boisson vanille protéinée

Je me demande sincèrement si je pourrais remâcher un jour, à ce stade…

Pour le brossage des dents… Ben je fais ce que je peux. Je n’arrive pas à ouvrir assez la bouche pour aller partout avec la brosse. Les bagues et les pitons fixés sur l’arc chirurgical n’arrangent rien. C’est galère. J’en fous partout, avec ma lèvre endormie. Le bain de bouche que m’a prescrit mon chirurgien (Eludril Perio) me fait trop mal.

Bon, pour les douleurs : idem, reste cette grosse sensation d’être gêné, encombré, tout rouillé. Dès que je ressens de la douleur, je prends un paracétamol. Je ne peux pas dire que j’ai souffert le martyre, loin de là.

J’arrive à parler, même si c’est fatiguant. Plus ça va, moins j’utilise l’ardoise.

Contrairement à ce que je pensais, je parviens à réaliser quelques mouvements de yoga, des choses très simples, ça fait du bien d’accorder un peu de bien-être à ce pauvre corps malmené.

Si je devais tirer un bilan de ces premiers jours à la maison, le voici : très soulagé de ne plus être à l’hôpital, mais un peu ennuyeux à la longue de comater sur le canapé.

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