Bilan : J + 1 an

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Il y a exactement un an, en fin de matinée, j’étais conduit à l’hôpital pour subir une ostéotomie bimaxillaire.

Pour être honnête, je n’en menais pas large. Durant le trajet en voiture jusqu’à l’hôpital, j’éprouvais le sentiment d’être un mouton que l’on menait à l’abattoir.

Une année est passée.

La première chose que je tiens à vous dire, c’est celle-là : vous hésitez à subir cette intervention ? Vous avez tort. Foncez !

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Mon recul sur l’intervention et ses suites

Si j’avais su – et si j’avais pu – j’aurais subi l’opération bien avant l’âge de trente ans.

J’ai passé trente années avec des dents tordues et des mâchoires qui ne s’emboîtaient pas.

Je n’en suis pas mort, bien sûr. Pendant longtemps, cela ne m’a pas dérangé.

Pourtant…

Mon métier m’a amené à prendre la parole en public. Dans ces occasions – je donnais une sorte de conférence devant une salle remplie de gens – j’ai été pris en photo.

Par la suite, je les ai vues.

J’ai eu honte. Ma bouche était hideuse. Mes dents tordues, mon visage tout déséquilibré par le fait que ma mâchoire inférieure était trop reculée…

Au naturel, ou sur des photos prises de face tandis que j’étais immobile (type photomaton), ma malformation ne se voyait pas tellement. De profil, oui. J’avais de la chance dans mon malheur. Bien que mon menton fût en retrait (je crois d’un centimètre), je n’avais pas ce tout petit visage de souris typique des rétrognathes. Ma lèvre inférieure et mon menton sont naturellement bien charnus, ça compensait leur recul. On m’a toujours trouvé assez bien physiquement, enfin, je n’en ai jamais souffert. Mais sur les photos… L’image figée révélait l’ampleur du problème. J’avais clairement un problème au niveau de la structure osseuse du bas du visage. De même, je me suis rendu compte que l’espace entre ma bouche et mon nez était trop large.

Tout cela, l’opération me l’a corrigé. Aujourd’hui, je n’ai plus peur quand on me prend en photo, et je n’ai plus honte en découvrant le résultat.

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Mon recul sur la souffrance occasionnée par l’ostéotomie bimaxillaire.

Aujourd’hui, je maintiens ce que j’ai écrit l’an passé tout du long des pages de ce blog : cette opération occasionne (dans la plupart des cas) bien plus de gênes en tant que telles que de douleurs.

Oui, vous ne pouvez pas manger comme avant. Oui, vous avez perdu toute sensibilité dans le bas du visage (exceptée la langue). Oui, vous ne pouvez plus ouvrir la bouche (ou alors à peine).

Oui, cela sera assez long à revenir à la quasi-normale. Six mois bien tassés dans mon cas.

Mais ai-je souffert ? Oui, mais rarement. J’ai souffert lors des bains de bouche que je devais pratiquer à la suite de l’opération (je les ai aussitôt cessés). J’ai souffert lorsque j’ai dû porter des élastiques. Cela a duré un jour ou deux.

Le reste du temps ?  Je ne vous dis pas que ce sera une partie de plaisir. Mais si vous acceptez que votre corps soit différent de d’habitude, normalement c’est supportable.

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Aujourd’hui, comment vont mes dents et mes mâchoires ?

Pour les dents, je suis débagué depuis le mois de juin (six mois) . Une nouvelle vie s’offre à moi, sans appareil dentaire, et avec un sourire de publicité à dentifrice. Quand on a passé trente ans avec des dents mal plantées, je vous assure que c’est un gros changement.

 

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J’ai investi tout de même presque 5 000 euros dans mes dents (prix de l’orthodontie, pas de l’opération qui en France est remboursée par la sécu) : maintenant, je me les brosse après chaque repas et je ne grignote plus ! Quand je pars faire une rando ou du vélo à la journée, j’emmène un kit de brosse à dent de voyages et je me brosse les dents en pleine nature. La plupart des gens me regardent avec stupéfaction, mais je m’en fiche. Je sais ce que vaut ma dentition !

Pour mes mâchoires, j’ai recouvré une ouverture normale et bien entendu je n’ai plus aucune douleur. Tout est revenu comme avant, sauf que ça s’emboîte.

J’ai toujours, le matin, l’impression que l’articulation des mâchoires est un peu rouillée. Mais ce n’est qu’un petit détail.

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Un petit mot pour la fin

Lorsque j’ai dû faire le choix d’accepter cette opération ou pas, j’ai beaucoup été sur des blogs.

Je me souviens avoir lu, sur celui de Crazy JokerA ceux qui hésitent encore, si seulement je pouvais passer chez vous pour vous pousser à démarrer le traitement….

Eh bien, tu sais quoi, Joker ? Chez moi, t’es bel et bien passé. Cette phrase m’a marqué. J’y ai pensé, des jours et des jours, puis j’ai pris rendez-vous avec mon orthodontiste et je lui ai dit : « ok, on y va, on lance le traitement avec la partie chirurgicale ».

J’ai écrit ce blog dans la même optique. Je sais qu’il est bien référencé par google, et que vous êtes nombreux à venir me lire.

Si moi aussi je pouvais passer chez vous…

 

 

Débagage total : J + 6 mois et 15 jours

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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Eh bien voilà, nous y sommes : au bout du chemin.

J’ai été débagué complètement, après la dernière séance de débagage partiel il y a quinze jours.

Que vous dire, sinon que c’est le pied ? Plus rien d’intrusif dans la bouche. Je remarque que je mange beaucoup mieux de la laitue et des crudités (avant j’avais le sentiment de mâcher dans le vide).

Comme tout le monde, une fois libéré de mes bagues, j’ai passé un bon quart d’heure à enchaîner les sourires béats devant un miroir…

La première fois que j’avais consulté mon orthodontiste, quand j’avais encore mes dents tordues et mes mâchoires mal emboîtées, il m’avait dit :  » votre cas ressemble beaucoup à celui d’un autre patient, lui aussi opéré, que j’ai débagué il y a peu « .

Moi qui m’apprêtais à me faire poser des bagues, justement, cette échéance m’avait laissé songeur tant elle me paraissait loin dans le temps… Et j’enviais avec jalousie ce patient.

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Si je devais tirer un seul bilan de cette aventure orthodontique, jalonnée par une chirurgie maxillo-faciale, je n’aurais qu’une chose à dire : l’opération n’est pas le plus dur.

Il n’y a rien de vraiment dur, en fait. Une fois que l’on a pris la décision de se lancer, on se lance. Et le chemin suit son cours.

La première partie, uniquement orthodontique, est intéressante et motivante car l’on voit nos dents se placer correctement – et je revenais de loin, croyez-moi…

Ensuite, quand tout est aligné, on se prépare pour la chirurgie. Comme je l’ai écrit plusieurs fois sur le blog, moi qui redoutais cette opération, je l’ai finalement « bien » vécue.

Certes, il y a l’inconfort de ne pas pouvoir manger comme d’habitude.

Le seul truc assez pénible a été de dormir à l’hôpital, mais il ne s’agit que de quelques nuits.

J’ai été opéré en décembre, et j’ai profité de mes cinq semaines d’arrêt maladie pour me reposer, prendre soin de mon corps (assez malmené par une opération assez lourde – sans être grave – et une anesthésie générale). Je me prenais de longs bains chauds, je faisais de grandes promenades en marchant lentement, en prenant le temps, de contempler, d’écouter, de voir, de sentir…

Puis il a fallu attendre cinq ou six mois encore, le temps de procéder aux dernières réglages orthodontiques, de récupérer au niveau de l’ouverture de la bouche.

Alors, le débagage.

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Je dois voir mon chirurgien dans le courant du mois de juillet.

Je vous tiendrai au courant.

 

J + 6 mois : débaguage partiel et contention du bas

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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J’aurais aimé poster davantage d’articles depuis le dernier (il y a  donc trois mois déjà !), mais le manque de temps et d’inspiration m’ont comme qui dirait freiné.

Depuis toujours rien de grandiose à signaler. Je mange de tout avec plaisir, sauf la salade verte que j’ai du mal à mâcher : j’ai l’impression de mâcher dans le vide. Mais j’en mange volontiers en prenant en même temps pour chaque bouchée un autre aliment : pommes de terre sautées, pizza, n’importe quoi de plus dur qui me permette de mieux mastiquer.

J’avais hâte d’être débagué car je ne supporte plus mon appareil dentaire. Incroyable ! Pendant des mois et des mois, il ne m’a jamais dérangé. Et c’est maintenant, à quelques semaines de la délivrance, que je ne peux plus le voir en peinture…

Je devais donc être entièrement débagué il y a cinq jours, mais des espaces interdentaires sont apparus en haut ! Avant je n’avais pas assez de place, maintenant j’en ai trop ! Ils ne sont pas énormes mais mon orthodentiste pense que ce serait mieux de les combler : je suis tout à fait d’accord.

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De ce fait, il me retire uniquement les bagues du bas et celles des molaires du haut.

Je garde les bagues sur les incisives et les prémolaires du haut .

 

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Comment se déroule un débaguage ?

C’est assez long, un peu douloureux, mais globalement supportable.

1 : l’orthodontiste retire l’arc (le fil d’acier qui passe dans les bagues).

2 : il arrache chaque bague, une à une, avec une pince… C’est là que ça peut faire mal. Les molaires sont plus douloureuses, sur les incisives c’est parti tout seul. On souffre car ça tire sur la dent, forcément ! Les premières fois ça fait bizarre, après on sait à quoi s’attendre et on… sert les dents, tout simplement.

3 : il nettoie la colle qui reste sur la dent avec une fraise qui fait un bruit insupportable mais ne fait pas mal. Il s’aide également d’un petit crochet pour racler, aucune douleur.

Et voilà le travail !

On se sent libre d’un coup… J’étais très soulagé que l’on me retire le bas car il blessait sans arrêt l’intérieur de ma lèvre inférieure, depuis l’opération.

C’est tout doux, ces dents sans bagues !

Dans le reflet du miroir, elles semblent énormes et très jaunes ! Quelques jours après, je me suis habitué à revoir leur « vraie couleur », même si je vais investir dans un dentifrice blanchissant.

Et quel étonnement de voir ses propres dents droites, sans bagues ni rien, alors qu’on les a toujours eues tordues avant l’orthodontie ! Y’a un côté magique, je me demande parfois si ce sont bien les miennes… C’est tellement bien aligné !

Le plus bizarre reste de se brosser les dents : on a toujours le réflexe de contourner les bagues avec la brosse (en haut, puis en bas…). Et maintenant, on se retrouve avec cette vaste surface lisse à brosser !

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Concernant la contention du bas

Mon ortho m’avait fait un moulage deux semaines auparavant du bas.

En est ressorti une sorte de moulage en plastique transparent de la face arrière de mes incisives du bas, très fin.

Il l’a collé sur l’arrière des dents pour qu’elles restent bien en place.

Les premières heures avec cette nouvelle surface en plastique dans la bouche sont étranges. Je m’y suis vite habitué, ça n’a aucun goût bien sûr. C’est très fin, on ne constate la présence de cette contention que par le fait que sa surface soit lisse et uniforme sous la langue. Aucune douleur à ce niveau.

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La contention du haut

Pour le haut, visiblement quand on aura tout débagué, je vais devoir porter une gouttière transparente 24 h / 24 h, et l’enlever uniquement pour les repas… Un peu le principe d’une gouttière Invisalign, quoi.

Cela pendant quelques mois, puis nous réduirons progressivement le temps de port pour arriver à porter cette contention uniquement pendant  la nuit…

Pourquoi un tel dispositif ? A cause des espaces interdentaires qui se créent entre les incisives du haut, tout simplement ! Cela n’était pas prévu, mais la perspective de porter cette gouttière ne me dérange pas trop. Tant qu’on me retire ces foutues bagues…

 

Ostéotomie bimaxillaire : trois mois après

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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J’aurais aimé poster davantage d’articles depuis mon dernier (« deux mois après »), mais le temps m’a manqué et je n’ai plus grand-chose à raconter.

Incroyable comme il est plus facile d’écrire l’anormalité… quand la vie redevient banale, l’inspiration manque !

Eh bien, vous l’aurez deviné avec cette introduction : tout redevient comme avant. Pas totalement comme avant, mais presque.

D’un point de vue sensibilité, j’ai tout retrouvé. Demeure une sensation légèrement différente quand je touche mon menton, mais tous les nerfs sont revenus.

Mon orthodontiste a retiré les crochets chirurgicaux du bas à environ J + 75 jours : ce fut une joie immense ! Comme je l’ai déjà expliqué, ces crochets blessaient l’intérieur de ma lèvre. Désormais, je n’ai plus besoin d’utiliser de la cire orthodontique pour la protéger !

En outre, je n’ai plus d’élastiques à porter. J’en suis aussi très satisfait !

La mâchoire gauche reste mon « maillon faible » : elle a moins de force et de souplesse que la droite, mais la différence s’atténue au fil des jours.

Je ressens parfois de petites douleurs articulaires de ce côté, ou des piquées de douleur dans l’oreille, mais elles ne durent pas plus d’une ou deux secondes.

La mastication est facile aujourd’hui, j’ai même pu mâcher une noix de cajou.

La nourriture se répartit mieux dans ma bouche, mais je continue à me mordre l’intérieur des joues une à deux fois par jour (pas très fortement, je vous rassure).

Je ne mesure pas l’ouverture, mais elle ne me procure plus de gêne quand je mange.

Niveau alimentation, je ne me prive plus de rien. C’est du bonheur.

Je pars en vacances à l’étranger à la fin du mois, j’espère pouvoir profiter des spécialités culinaires locales.

La grande question qui se pose désormais : quand vais-je être débagué ? J’ai encore des espaces entre les dents (qui se sont créés tandis que je portais l’appareil dentaire, au fil des mois), c’est peu esthétique et j’espère que mon ortho va vite s’en occuper. Il m’avait parlé d’un débagage avant l’été, pourvu que ce soit le cas.

Une nouvelle fois, ma satisfaction quant à cette opération est totale, jamais j’aurais cru que je récupérerais si vite, tout s’est si bien passé !

Ostéotomie bimaxillaire : deux mois après…

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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Me voici à plus de deux mois (deux mois et quatre jours pour être exact) de mon ostéotomie bimaxillaire.

Tout retourne à la normale. Je peux manger de la salade, bien que difficilement… mais je peux. Je ne me prive pas de grand-chose, désormais. La semaine dernière, j’ai dégusté – non sans émotion – mon premier sandwich (bagel) en croquant dedans…

Le côté gauche traîne toujours un peu par rapport à l’autre, la mâchoire est plus souple et plus forte à droite.

J’ai vu mon ortho il y a cinq jours, il était très content de l’avancée du traitement.

La vraie bonne nouvelle : désormais, je n’ai plus qu’à porter deux élastiques (un à gauche, un à droite) durant la nuit ! Le jour, je suis libre ! Je suis certain que cela va me permettre de gagner en ouverture (actuellement deux centimètres) : c’est vrai, quand on est tout entravé par des élastocs, pas facile de grappiller des millimètres…

On m’a enlevé les crochets chirurgicaux du haut, mais pas ceux du bas hélas ! Je continue à appliquer de la cire orthodontique dessus, ça me blesse régulièrement la muqueuse…

Pour ceux qui se demandent à quoi ça ressemble...

Pour ceux qui se demandent à quoi ça ressemble…

Esthétiquement, le haut est beaucoup plus beau sans les immondes crochets en métal. J’ai hâte qu’on me retire ceux du bas… Dans deux semaines inch’Allah !

Je ne sais pas quand je devrai revoir mon chirurgien…

Hier j’ai été rendre visite à mon dentiste, qui ne m’avait pas vu depuis les jours précédant mon opération. Elle a tout de suite remarqué la différence (enfin quelqu’un qui la voit…) et m’a confirmé que le chirurgien a agi d’une main de maître !

Je n’ai plus de zone insensible, nulle part. Juste une sensation un peu différente quand je touche mon menton. Le palais est entièrement revenu. C’est une très bonne chose !

Niveau sport, j’ai repris avec joie les grosses sorties vélo (plus d’une heure de route) depuis trois semaines environ.

Je suis très heureux d’avoir fait cette opération, Si je devais le refaire, j’y retournerais les yeux fermés, et surtout je n’aurais pas attendu d’avoir trente piges pour ça :

Ma mère, qui a 55 ans et la même mâchoire que moi (rétrognathie, dents qui se chevauchent), n’a pas subi de traitement orthodontique. Cela ne lui a jamais posé beaucoup de problèmes dans sa vie de tous les jours, sinon d’ordre esthétique comme on s’en doute. Or, depuis quelques mois, ses incisives de la mâchoire inférieure se déchaussent, parce qu’elles sont trop tordues… Elle est en train de perdre ses dents, en gros… Du coup elle va devoir se faire poser un appareil dentaire en bas, histoire de sauver les meubles !

Quand je vois ça, je suis très satisfait de ma décision…

D’autant plus que ma famille ne m’a jamais encouragé dans ma démarche orthodontique. Malgré le fait que je me plaignais de douleurs régulières, mes proches pensaient que j’étais « maso » ou que la chirurgie serait trop lourde, bref, que c’était une folie. Du coup, j’ai préféré ne pas leur dire quand je serai opéré ; je ne voulais pas qu’ils me démotivent à quelques jours de l’échéance. Je leur ai annoncé être passé sur le billard seulement dix jours après l’opération.

Aujourd’hui, mes parents n’osent plus dire que j’avais tort, au contraire. Ils ont vu que j’avais très bien récupéré et ma mère est contente pour moi, car je n’aurai pas à affronter les mêmes soucis quand j’aurai son âge.

Voilà une petite anecdote qui peut-être pourra convaincre les plus réticents d’entre vous.

J + 52 : la vie suit son cours… sans salade d’endives

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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L’organisme végétal qui est venu à bout de moi.

Me voilà dix jours après mon dernier article.

Pas grand-chose à dire. L’opération est tout à la fois lointaine et proche.

Lointaine car je mène une vie normale.

Proche car je ne peux pas encore manger tout ce que je veux.

La semaine dernière, j’ai tenté une salade d’endives : un échec cuisant. Je me suis retrouvé à mâchouiller à deux de tension mes endives, sans réussir à les malaxer par ailleurs. C’était très désagréable et j’ai abandonné au bout de deux bouchées (qui m’ont chacune réclamé cinq minutes chrono de mastication).

Pour le reste, je me débrouille. Il n’y a que quelques aliments que je parvenais à manger avec mes bagues, mais plus aujourd’hui : le chocolat très dur, les endives donc, les biscuits durs (que je mange uniquement trempés dans du thé).

Même si j’ai beaucoup plus d’agilité dans les mâchoires, ce genre d’aliments réclame trop de temps et trop de force.

Des fois, quand je parle surtout, ma mâchoire gauche me fait mal, comme si elle partait en vrille sur la gauche. Ce côté est tout rouillé par rapport à l’autre, ça me saoule. J’essaie pourtant de bien mâcher des deux côtés quand je mange !

Niveau sensibilité, il reste des zones bizarres, entre l’insensibilité complète et la sensibilité, de chaque côté des lèvres. Du coup quand je rigole, je les sens et des fois je bug, j’arrête de rire d’un coup – les gens doivent me prendre pour un taré.

Les crochets continuent à me faire chier grave. Je me suis résigné. J’ai rendez-vous chez l’ortho début février, j’espère qu’il va m’annoncer qu’on les enlève le plus vite possible… Je continue à appliquer de la cire sur les crochets des incisives inférieures toutes les nuits. Je ne le fais pas le jour car je passerais toutes mes maigres économies en cire orthodontique, à ce train-là.

 

J’ai eu la visite d’un ami qui ne m’avait pas revu depuis six mois (donc bien avant l’opération). Il n’a vu aucun changement… Voilà quelque chose qui me laisse toujours quelque peu dépité ! Merde, avec tout ce que j’ai souffert, j’aimerais au moins que les gens le voient ! Ha ha ha ! sérieusement !

 

Fin mars je pars une semaine à l’étranger. J’espère que je n’aurai plus ces foutues crochets ! J’espère aussi que je pourrai manger plus de choses, quand on visite un pays, on a envie de goûter toutes les spécialités locales.

 

J + 42 après l’ostéotomie bimaxillaire

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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Cet article sera plus court que les précédents : moins de choses à raconter, retour à la normale…

J’ai senti un peu l’articulation gauche ces derniers jours, mais ça a vite passé. Je mange de mieux en mieux. Enfin, la nourriture ne va plus se loger entre mes dents et mes joues ! Grande victoire…

 

Autre grande victoire : j’ai mangé une banane ce midi, sans la débiter en petits morceaux, juste en la croquant…

Je suis prêt pour un hamburger au McDo, je crois.

 

 

Je supporte de moins en moins les pitons, qui me blessent la muqueuse et – comme je vais de mieux en mieux – me donnent vraiment l’impression de ne servir à rien ! J’ai hâte qu’on me les retire.

Ma bouche « boudeuse » de Grumpy Cat (voir mon précédent article à J + 34) s’est légèrement résorbée, ou bien je me suis habitué.

Niveau sensibilité, ça s’est amélioré. J’ai récupéré tout mon menton, mais il reste une zone endormie à droite entre la lèvre et le menton. Le palais semble être revenu aussi. J’apprécie davantage le goût des aliments.

Comme je ne cesse de le dire autour de moi, à moitié sérieusement, à moitié pour rire, le plus dur dans cette opération c’est la reprise du boulot après un mois d’arrêt…

J + 34 : une vie normale ou presque après l’ostéotomie bimaxillaire

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Depuis la semaine dernière, je mène une vie normale, ou presque.

Plus de répercussion physique, exceptées les douleurs que cause le frottement des pitons de mon appareil contre ma muqueuse.

Je me sens parfaitement à l’aise. Je ne sens plus mes mâchoires, ou très brièvement lorsque je mange.

Mes dents (surtout les molaires) me lancent parfois un peu, mais ça reste supportable, ça ne dure pas. Après tout, elles doivent supporter la pression exercée par les élastiques. Je comprends que ça puisse faire mal…

A J + 31, je suis allé voir mon orthodontiste. Il s’est montré très satisfait de l’occlusion acquise grâce aux élastiques. Je n’ai pas souffert pour rien… Désormais, je ne porte qu’un élastique la journée (à gauche) et deux le soir (à gauche et à droite). Comme les deux mâchoires sont bien centrées, je n’ai plus besoin de porter celui de devant : tant mieux, c’était le plus visible et le plus gênant. Un mois à ce régime-là encore : selon lui, nous pourrons probablement envisager le retrait des pitons et de l’arc chirurgical (donc fini les élastiques) la prochaine fois (vers J + 60).

Rappel : premiers élastiques à porter. Il ne reste que le gauche la journée et aussi celui de droite la nuit.

Rappel : élastiques à porter. Il ne reste que le gauche la journée et aussi celui de droite la nuit.

Mon visage semble avoir entièrement dégonflé. Je garde une lèvre inférieure un peu « boudeuse » : mais je crois que c’est surtout à cause des élastiques. Même si je n’en porte plus qu’un la journée, ça m’oblige malgré tout à adopter une certaine expression faciale. Enfin, j’espère que ça ne restera pas ainsi, je n’aime pas trop cette bouche boudeuse. On dirait le Grumpy Cat…

Question sensibilité, j’ai récupéré toute la partie gauche du menton, et la partie droite insensible se réduit. Quant à l’insensibilité du palais et des gencives de la mâchoire supérieure, ça n’a pas bougé…

Je fais de petits progrès en alimentation. J’ai totalement arrêté les boissons protéinées. Je continue à mâchouiller. Ma mâchoire semble s’assouplir un peu, mais la nourriture continue de se foutre sur les côtés, dans l’espace entre les gencives des molaires et mes joues. Je nettoie avec ma langue autant que possible, entre deux bouchées… Désolé pour les détails, mais il s’agit du gros inconvénient du moment et je ne voulais pas vous le cacher.

Repas ces derniers jours : poivrons farcis, riz, lasagnes, gaufres tartinées, œufs au plat…

Comme vous le voyez, ça varie. La seule mauvaise expérience que j’ai eue était, étonnamment, des lentilles vertes : elles s’accrochaient partout dans mon appareil, toujours sur les côtés. J’ai passé trois plombes à tout enlever avec une brossette, après le repas…

Le lavage des dents est plus long que d’habitude, il faut bien fignoler la chose à la brossette.

J’ai repris le taf ce matin (J + 34). Ça fait un choc. Tout compte fait, j’étais vachement bien chez moi… Je n’ai pas eu de difficultés à parler. J’étais juste déprimé de reprendre les transports en commun, de voir les collègues, le patron, mais ça, c’est pour tout le monde pareil après des vacances…

J’ai réservé pour partir une semaine à l’étranger fin mars. Ça me fait un but pour tenir le coup car ce retour au boulot m’a vraiment déprimé. J’espère que d’ici là je n’aurai plus d’élastique, sinon bonjour la galère pour aller crapahuter ici et là…

J + 28 : bilan DOULEURS ET GENES de l’ostéotomie bimaxillaire

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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Les premiers jours après l’opération

Je n’ai pas eu mal proprement dit, mais j’étais très gêné et très encombré par ces mâchoires comme rouillées, ankylosées, que je ne parvenais pas à écarter de plus d’un malheureux centimètre.

A l’hôpital, dès que je sentais que j’avais un peu mal, les infirmières me donnaient de l’anti-douleur en plus via la perfusion.

Quand je me suis réveillé après l’opération, je n’avais pas mal non plus.

En revanche, j’avais l’impression que la mâchoire inférieure était très lourde et que ça tirait sur les articulations vers les oreilles. Je sentais aussi que ça « tirait » là où l’os a été sectionné. C’est pas que ça fait mal, c’est que ce n’est pas comme d’habitude. Et que tous les mouvements que l’on pouvait exécuter avant – bouger les mâchoires, mâcher, s’humidifier la lèvre – sont désormais devenus impossibles.

On « sent » les endroits où les plaques ont été fixées, dans le sens où l’on se rend compte que le montage est fragile. Quand on éternue, par exemple, on a l’impression que tout peut se casser la gueule (je vous rassure, ce n’est pas le cas).

A J + 28, je n’ai absolument plus cette impression. Je peux bouger la tête dans tous les sens, j’ai même dansé sans souci il y a quelques jours. Ça tire un peu sur les plaques, quand on mange, c’est tout.

Le paracétamol et le Dafalgan codéine (500 mg chacun) m’ont paru largement suffisants pour stopper la douleur.

Pour l’ouverture de la bouche, cela va en grandissant, heureusement ! Première semaine : un doigt, et encore ? A J+28, je suis arrivé à deux doigts. Je passe une brosse à dents normale sans souci.

Je sentais les points de suture de façon douloureuse quand je me brossais les dents, lors des deux premières semaines surtout. Le bain de bouche que m’avait prescrit mon chirurgien me brûlait les points de suture et la muqueuse, donc j’ai très vite cessé de le prendre. Je l’ai remplacé par une formule faite maison que j’ai décrite dans cet article.

La muqueuse (l’intérieure de la lèvre, des joues) était très irritée. Surtout celle de la lèvre inférieure. Ma lèvre avait tant gonflé que, je crois, elle frottait plus que de raison contre l’appareil dentaire et les pitons fixés sur mes incisives. J’ai consommé pas mal de cire orthodontique pour me protéger : faites le plein avant l’intervention.

J’ai même développé, sur la muqueuse de la lèvre inférieure, une sorte d’aphte en forme de cloque blanche, comme une ampoule (J+25). Ca me blessait, je l’ai percée et j’ai bien protégé la zone avec de la cire orthodontique. Elle n’est pas revenue.

A J + 28, je continue à protéger ma muqueuse des bagues et des pitons avec de la cire, mais je n’ai quasiment plus mal le reste du temps.

La plus grande source de douleur a été les élastiques que j’ai dû porter devant et sur les côtés à partir de J + 17. Avant, j’en portais pour faire tenir le plan de morsure mais ce n’était pas serré du tout (plus d’explications dans cet article). Les nouveaux, destinés à me faire acquérir une bonne occlusion, m’ont vraiment défoncé. La première journée, ça m’a déprimé, je souffrais pour de bon. Ca tirait sur les articulations, ça forçait sur les dents, un truc de malade. Puis, au bout de deux ou trois jours, ça s’est assoupli.

Le port des élastiques reste néanmoins fort contraignant. Pour les mettre, les premiers temps, je ne cessais de me foutre dedans et d’envoyer claquer l’élastique contre ma lèvre. Et ça fait mal, ça. Croyez-moi. On prend vite le pli, mais ça demande de la dextérité. Les enlever est un peu plus simple.

La pression exercée sur les dents par les élastiques occasionne, parfois, de petites douleurs, comme si on vous obligeait à serrer très fort les dents pendant trop longtemps (c’est précisément le rôle de ces élastiques…).

 

En conclusion, je dirais que cette opération occasionne beaucoup moins de souffrance que de la gêne. C’est chiant de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut avec sa bouche et avec ses mâchoires. Les petits bobos de la muqueuse sont bien casse-pieds aussi. Mais tous ces désagréments s’amoindrissent beaucoup à partir de J + 21.

J + 28 : bilan REGIME SUPER CALCIUM l’ostéotomie bimaxillaire

Rappel :

Le contexte : pourquoi une ostéotomie bimaxillaire ?

Récit de l’Ostéotomie bimaxillaire à J + 0

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L’ostéotomie bimaxillaire est, comme vous l’aurez sans doute compris, une chirurgie assez lourde qui sectionne plusieurs secteurs osseux au patient.

Par la suite, l’os devra se reconstituer.

Voilà pourquoi j’ai mangé plus de calcium que d’habitude.

Je ne digère pas le lait de vache, du moins pas sous une forme liquide. Je peux manger du fromage, mais le lait liquide me reste sur l’estomac. D’habitude, je bois et cuisine du lait de soja, or celui-ci est très pauvre en calcium.

Comme indiqué dans cet article, j’ai consommé à la place du lait de chèvre. J’en versais beaucoup dans mes purées, soupes et potage. Je le buvais aussi pur, dans une tasse, car je le trouvais excellent. La brique d’un litre, achetée en magasin bio, me revenait à 3,40 €…

La marque que j’utilisais

Je vous donne le lien vers une page web qui expose les avantages du lait de chèvre.

 

J’essayais de boire ou de consommer au moins l’équivalent de 100 ml par jour.

A côté, je mangeais des Danette (même si je suis conscient que ces produits contiennent plus de graisse que de lait…), et bien entendu des yaourts (au moins un par jour).

Ce régime semble avoir très bien fonctionné car, lors de mes radios à J + 7, mon orthodontiste m’a indiqué que l’os était presque entièrement refait.